Joliot Curie
Lycée
Aubagne
 

essai

vendredi 18 juin 2010, par DEWILDE M. 

CORRIGE : Annexe : TABLEAU DE CONFRONTATION DES DOCUMENTS
 
Doc. 1
Peut-on rire de tout ?
Pierre Siankowski
Doc. 2
Discours…
Charles Beer
Doc. 3
Modeste proposition…
Jonathan Swift
Doc. 4
Dessin de Schwartz,
Dans Charlie-hebdo
Pistes de réflexion
 
On peut rire de tout…
Sujets tabous abordés : institutions, personnalités politiques
 
Liberté d’expression garantie par la Constitution
 
Tous les sujets sont permis, y compris les plus graves.
 
Liberté d’expression, liée à la création
Rire = acte de liberté
 
Sujets tabous abordés : les bébés, les pauvres, l’anthropophagie
 
Sujet abordé : le chômage
Sujets
+ (Thèse globale, commune)
 
On peut aborder tous les sujets
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Le rire fait partie de la vie humaine. Il permet d’affronter la réalité, de se distancier du tragique.
 
Rire = garantie de liberté politique = rempart contre la tyrannie.
 
 
 
Dénonciation de la misère en Irlande au XVIIIe s., de l’inhumanité et de l’injustice de l’économie politique.
Satire des propriétaires terriens.
Parodie des discours politiques.
La détresse de l’employé devant le drame.
 
 
 
L’existence du chômage.
 
 
La difficulté de la lutte contre le chômage.
Visées ou intérêts du rire :
 
psychologiques
 
 
sociales
 
 
 
politiques
 
 
 
Rire de tout, mais pas avec n’importe qui (P.Desproges)
 
 
Risque d’accusation d’injures et de diffamation
 
Frontières à établir.
 
Rire ≠ se moquer, stigmatiser, mettre à l’index.
 
Règles de temps et de lieu.
Rire de tout, mais pas avec n’importe qui (idem)
 
 
 
 
 
Risque d’accusation
 
 
 
 
 
Risque d’accusation sur l’efficacité d’un organisme public.
Limites de la liberté :
 
Partenaires du rire
 
 
Droit
 
 
 
Intention d’exclure
 
 
Espace et temps
L’intention d’universalité et la volonté de rassembler autorise à franchir certaines limites.
 
 
 
 
 
 
Le rire peut être rassembleur.
 
MUC1 – BTS BLANC : CORRIGE.DES QUESTIONS DE SYNTHESE.
 
Question 1 : L’article de réflexion sur le rire écrit par P. Siankowski dans la revue Label France n°56 en 2004 comporte cinq paragraphes, donc cinq étapes de raisonnement :
- Le 1er paragraphe expose la thèse en réponse à la question posée, en affirmant que l’on peut rire de tout, mais dans des limites fixées par la loi. (thèse affirmée sous forme concessive : certes…mais)
- Le 2e paragraphe explique le 1er : la liberté d’expression, donc de l’humour, est garantie par la Constitution, mais la diffamation et l’injure sont sanctionnées. (Lien logique possible : en effet.)
- Le 3e paragraphe nuance le 2e : il montre les pressions exercées sur cette liberté de rire de tout, venant des revendications identitaires, du recours aux tribunaux et d’une morale normative. (Or)
- Le 4e paragraphe reformule, élargit le problème, pose la question des « cibles » du rire, constate la relativité du comique et souligne l’importance du contexte (temps et lieu). La légitimité du rire, même impertinent, s’appuie sur sa qualité et sur son universalité. (Ainsi / D’ailleurs)
- Le 5e paragraphe commence par illustrer la thèse précisée dans le 4e, avec des exemples montrant que ce qui protège les meilleurs humoristes contre les sanctions judiciaires qu’ils frôlent parfois, c’est leur intention de partager le rire avec le plus grand nombre plutôt que de désigner des « ennemis » ; la conclusion de l’auteur est que l’universalité du rire lui permet une liberté presque sans limites. (Ainsi / En définitive ou Donc)
 
Question 2 : La phrase affirmant que le « vouloir rire ensemble » correspond à « une envie de ne pas exclure, de considérer l’humour comme un acte rassembleur, que la loi respecte au plus haut point » est une reformulation précise de la thèse initiale, selon laquelle on peut rire de tout, mais dans certaines limites. En somme, ce qui protège le mieux le rire et les humoristes contre d’éventuelles sanctions judiciaires, c’est d’abord la « subtilité du comique », c’est-à-dire sa qualité, son refus de la grossièreté et des simplifications injurieuses, « l’aura » des humoristes qui rassemblent un public vaste et diversifié ; mais c’est surtout la volonté de rassembler plutôt que de diviser, de faire rire tout le monde sans exclure ni désigner de boucs-émissaires, sans chercher à stigmatiser une catégorie. Dès lors, la loi ne peut que respecter cette liberté d’expression qui rassemble sans haine.
 
Question 3 : Dans son discours du 22 juin 2005, le député suisse C. Beer distingue différentes fonctions ou différents intérêts de l’humour.
- Il constate d’abord que c’est un besoin social qui permet de prendre du recul sur le sérieux ou le tragique de la vie.
- Sous les formes variées de l’esprit de contradiction, de la satire, de l’ironie, l’humour favorise la réflexion et l’esprit critique.
- Le rire et la satire sont les signes de la liberté d’expression et de création.
- Il défend la nécessité de rire librement de tout, pour conserver une forme d’optimisme et de distance face aux réalités les plus graves de la vie.
- Le rire peut même être une protection contre la tyrannie, une défense contre le tragique du réel.
- Ainsi, le rire est un acte qui libère, face aux différentes contraintes évoquées précédemment.
 
Question 4 : Le texte de l’écrivain irlandais Jonathan Swift, daté de 1729, intitulé Modeste proposition pour empêcher les enfants des pauvres d’être à la charge de leurs parents ou de leur pays et pour les rendre utiles au public constitue une parodie de discours politique. En effet, il feint de proposer une solution au problème de la misère qui touche l’Irlande au XVIIIe siècle, en suggérant que l’anthropophagie des enfants des pauvres pourra résoudre à la fois le problème social de la surpopulation, le problème économique de la pauvreté et le problème alimentaire de la famine. Cette solution apparemment simple (« modeste proposition », « humble plan ») est évidemment une caricature des solutions presque « magiques » de certains responsables politiques, qui font croire que l’on peut résoudre plusieurs grands problèmes dans des domaines différents par une seule solution « miracle ». Elle est aussi parodique, car elle imite le sérieux de certains discours politiques qui s’appuient sur l’autorité d’experts (ici « un Américain fort compétent ») et sur le sens de l’économie et de la conjoncture (ici « pour ne laisser rien perdre (et j’avoue que la dureté des temps pousse à l’économie) ».
Mais ce texte qui aborde les sujets graves de la misère, de la famine et même de l’anthropophagie sur le mode de la parodie humoristique utilise surtout le registre de l’ironie. Elle consiste, par définition, à feindre de soutenir une opinion que l’on veut en réalité dénoncer, donc combattre. Ici, l’ironie de l’auteur lui permet de dénoncer l’inhumanité et l’injustice des responsables économiques et politiques de son époque, qui proposaient parfois de réduire la pauvreté par des solutions drastiques, encore plus douloureuses pour le peuple que le mal que l’on voulait éradiquer. Faire semblant de réduire la charge des familles pauvres en permettant de consommer leurs enfants est bien sûr une exagération volontairement monstrueuse, qui permet à l’auteur de fustiger le cynisme* des gouvernants de son époque, de caricaturer leur cruauté qui les fait raisonner froidement sur les proportions d’enfants à réserver à la reproduction ou à l’alimentation, sur les manières de cuisiner ces bébés, sur leur prix d’achat. Ce texte fait aussi la satire des « propriétaires terriens », clientèle privilégiée (car riche) de cet « aliment » nouveau, par une allusion accusatoire : « ayant sucé la moelle des pères, ils semblent les plus qualifiés pour manger la chair des fils », ce qui insinue clairement que ces riches propriétaires ont exploité sans scrupules les métayers pauvres, les domestiques, avant de se préparer à tirer encore profit de leurs enfants. L’ironie est ici tellement appuyée dans le sens de l’humour noir qu’on ne peut évidemment prendre au premier degré cette proposition faussement « modeste » et généreuse envers les pauvres ! L’ironie se remarque facilement dans les expressions mélioratives et hyperboliques, consistant à exagérer les aspects les plus choquants pour mieux les dénoncer (« un plat délicieux, …d’excellents ragoûts,… la clientèle la plus riche et distinguée,… les plus qualifiés, tout gentilhomme…, d’admirables gants… chaussures d’été très habillées »). Le procédé de style employé est l’antiphrase. La virulence ironique de ce texte montre que certains auteurs ont parfois osé utiliser l’humour noir sur des sujets aussi graves que la misère ou l’anthropophagie, pour ridiculiser les politiques et surtout dénoncer des injustices inhumaines envers les plus faibles.
 
Question 5 : Le dessin de Schwartz paru dans l’hebdomadaire satirique Charlie Hebdo en février 2006 aborde le problème social du chômage, considéré comme grave et sérieux, mais sur un ton humoristique. Il illustre donc aussi la thèse selon laquelle « on peut rire de tout », même de ce qui est réputé tragique : ici, le chômage, mais aussi l’incendie et la détresse de l’employé de l ’ANPE appelant au secours. Bien sûr, là encore, ce ne sont pas des victimes du chômage que l’on rit, ni même du problème social, mais plutôt de l’inefficacité de cette agence de l’emploi, qui d’après ce dessin, pourrait utiliser la pratique plutôt aléatoire et lente des « petites annonces » pour résoudre une crise urgente qui la toucherait : l’humour repose ici sur le procédé du renversement comique de situation, du type de « l’arroseur arrosé ». Le dessin satirique vise le plus souvent à souligner une incohérence, un dysfonctionnement, ici la difficulté de la lutte contre le chômage, voire l’inefficacité de cet organisme public.
 
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