Joliot Curie
Lycée
Aubagne
 

Baisse des salaires et chômage

lundi 15 février 2010, par FROISSART Philippe











Eléments de correction : « La baisse de salaires, une solution au chômage ? »

 

Si les Cassandre[1] prédisaient près de un million de chômeurs supplémentaires depuis le début de la crise financière, l’Insee au mois de janvier 2010 affirme que ce sont environ 450 000 emplois qui ont été détruits au cours de l’année 2009[2]. Si l’on peut relativiser ces résultats, il n’en demeure pas moins que l’emploi reste la préoccupation majeure des Français en ce début d’année. Le sommet bicéphale de l’exécutif semble décidé à faire de la lutte contre le chômage, l’objet principal de sa politique économique. Quelles vont être alors les mesures préconisées ? Depuis la fin des années 70, les analyses libérales ont le vent en poupe : pression sur les salariés et les salaires réels, assouplissement du fonctionnement du marché du travail. Cependant des voix se sont élevées pour contredire ces approches néoclassiques, libérales[3]. Il y a débat théorique mais aussi nombre d’interrogations sur des « solutions » plus pragmatiques[4] pour tenter de résorber le chômage[5].

Selon l’Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE), reprenant la définition du Bureau international du travail (BIT), est chômeur toute personne simultanément dépourvue d’emploi, n’ayant pas travaillé ne serait-ce qu’une heure dans la semaine précédant l’enquête, disponible sous 15 jours et recherchant effectivement un emploi[6]. Les pays développés à économie de marché sont confrontés depuis une bonne trentaine d’années à un chômage durable et massif. Dans le droit fil des libéraux, la baisse de la rémunération du travail[7] pour près de 9 actifs sur 10, apparaît comme primum mobile dans la recherche d’une baisse du chômage ; de même, il faut lutter contre les rigidités du marché du travail.

La baisse des salaires serait-elle une panacée ? Au-delà de cette première mesure, ne peut-on envisager d’autres solutions ? De quelles natures sont les oppositions à ce précepte de baisse du salaire ?

Dans un premier temps nous montrerons que la baisse des salaires est une solution controversée. Dans un second temps nous essayerons de mettre en évidence d’autres solutions, cette fois-ci plus pragmatiques.

 Il est proposé un plan très détaillé, mais dans le devoir, si tel est le choix, ne faire apparaître que les titres des parties et des sous-parties.

 I) La baisse des salaires comme solution au chômage : un débat théorique

 A) Les affirmations néoclassiques

-> Le salaire est avant tout perçu comme un coût de production … qu’il faut donc minimiser

1) Pour le demandeur de travail : une désutilité marginale supérieure à l’utilité marginale

a) Un coût excessif du travail (salaire net + cotisations sociales)

b) Fixation exogène du salaire et au-dessus du salaire d’équilibre (fixé de manière endogène) du fait de l’intervention des syndicats – via les conventions collectives -, et/ou réglementaire – Etat, SMIC[8])

2) Foi dans le marché du travail

a) Le travail est une marchandise comme une autre,

b) Mécanismes autorégulateurs, donc si chômage il n’est que transitoire (faire graphique en annexe)

3) Le chômage volontaire

a) Pour l’offreur de travail : une désutilité marginale supérieure à l’utilité marginale

b) Nécessité de supprimer les allocations chômage[9] ou conditionner l’indemnisation du chômage au travail

 B) Critiques et préconisations de JM Keynes

-> Le salaire est avant tout perçu comme un revenu, élément moteur de la demande effective

1) Une triple critique à partir d’un constat

a) Les années 30 : les salaires s’effondrent et la productivité du travail ne diminue pas, pourtant l’emploi ne s’améliore pas

b) Une baisse des salaires inefficace (l’entrepreneur anticipe le volume de travail nécessaire) et dangereuse (effet inverse de celui attendu par les néoclassiques)[10]

c) Fixation de plus en plus institutionnalisée du salaire (moindre prégnance des mécanismes de marché)

2) Les préconisations

a) Prendre conscience que l’équilibre de sous emploi est la situation normale du « marché » du travail

b) Intervention correctrice de l’Etat (pousser les salaires à la hausse, politique de grands travaux)

Fermement attachés aux vertus du marché autorégulateur, les néoclassiques postulent que si le marché fonctionne librement, la flexibilité à la baisse des salaires permettra de recouvrer le plein emploi. En revanche, J.M. Keynes, attaché à l’économie de marché, montre que cette préconisation est lourde de menaces et qu’il faut radicalement changer d’optique.

La solution au chômage n’est pas unique, d’autres solutions sont envisageables.

II) Des alternatives plus pragmatiques

 Rmq préliminaire : certains points seront envisagés ultérieurement dans le cours (par ex. la compétitivité, la concurrence des pays à bas salaire et celle très forte des « pays à bas salaires et à capacités technologiques », PBSCT).

 A) Assouplir le fonctionnement du marché du travail

1) Flexibiliser le marché

a) Justification théorique par les libéraux (tendre vers le salaire d’équilibre)

b) Différentes formes de flexibilité pour mieux « coller » à la demande

2) Modifier l’organisation du travail

a) Externalisation

b) Polyvalence de la main d’œuvre

 B) Les dangers d’une analyse en termes d’équilibre partiel

1) Salaires et salariés : le travail comme variable d’ajustement

a) Rationalité microéconomique mais irrationalité macroéconomique

b) Généralisation de la précarité, délitement du lien social, développement de la marginalisation

2) Les risques d’une spirale déflationniste

a) Très faible inflation, rythme peu soutenu de la croissance économique

b) Effets déflationnistes de la désinflation compétitive dont l’un des vecteurs est la rigueur salariale

 

 De prime abord, baisser les salaires peut apparaître comme une solution adéquate pour plus de compétitivité grâce à la baisse des coûts de production ; pour les néoclassiques une telle mesure aura des effets bénéfiques sur l’embauche. Cependant, Keynes montre qu’il n’existe pas de véritable marché du travail et qu’il faut donc radicalement changer d’optique et agir positivement sur les revenus, dont le salaire. Les politiques actuelles de lutte contre le chômage visant à rendre plus souple le fonctionnement du marché du travail, sont certes plus pragmatiques, mais sont fortement empreintes de l’idéologie libérale et porteuses de menaces.

Des actions visant à accroître le niveau de qualification de la main d’œuvre peuvent apparaître plus pertinentes que sa seule gestion quantitative.

 

 

A titre indicatif (au brouillon) :

· 20 minutes pour le plan

· 17 minutes pour l’introduction

· 6 minutes pour la conclusion



[1] Dont je fais partie

[2] Pour l’accroche on utilise l’actualité

[3] Peu à peu l’entonnoir se resserre, ici on balise le terrain pour introduire le débat théorique

[4] On balise le terrain pour la deuxième partie. REMARQUE : on pouvait très bien concevoir un devoir très théorique

[5] Ce seul mot permet de lier la première phase de l’introduction à la seconde (définitions)

[6] Dans la phase 2, les définitions des termes importants de l’énoncé

[7] Définition suite

[8] Dont on fêtera les 40 ans cette année

[9] Pour ceux qui avaient choisi le tout théorique, développement sur J. Rueff

[10] Possible de faire une partie du schéma d’ensemble keynésien en annexe (partie sur les ménages)

 
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