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Saint-Denis rongé par les taudis

vendredi 21 mars 2008, par FROISSART Philippe

Prenons par exemple la rue Gabriel-Péri située en plein cœur historique de Saint-Denis. La première chose que l’on remarque est la boîte aux lettres rouillée dans laquelle un vieux travailleur migrant apprend que sa demande de relogement vient d’être rejetée. Contrairement où il aurait souhaité être relogé, son appartement actuel est privé d’eau, de gaz à cause des marchands de sommeil qui ont cessé de payer les charges ou même de financer quelconques travaux. Malgré tous ses évènements encore une quinzaine de personnes continuent d’y habiter n’ayant malheureusement pas le choix ou pas la possibilité financière ou juridique de le quitter.
Mais en 2004, la communauté d’agglomération de Plaine Commune a trouvé une nouvelle idée pour lutter contre cette précarité grandissante ; le fait d’acheter ses immeubles pour ensuite les confier à un organisme privé qui sera chargé de sa rénovation. Pour l’instant, les immeubles des propriétaires désespérés ont été récupérés à l’amiable, cependant les logements appartenant aux marchands de sommeil n’arrivent pas à être récupérés ce qui peut prolonger la procédure de réhabilitation pendant des années. Selon un rapport, 38 % du parc privé de Saint-Denis est « potentiellement indigne », contre seulement 6% en Ile-de-France ou 10% en Seine-Saint-Denis. De plus, 15 % des logements sont suroccupés contre seulement 4% en Ile-de-France. Le prix du mètre carré a doublé entre 2002 et 2006 passant à 2 800 euros le m2. Cette flambée décourage donc les acquéreurs individuels au profit d’investisseurs dont les marchands de sommeil à la recherche d’une rentabilité immédiate. Toutes ces dérives entraînent chez ses habitants parfois les plus jeunes l’apparition de maladies tel le saturnisme lié aux fuites d’eau entrainant la prolifération des rats.
Aujourd’hui, la mairie communiste consacre quelque trois millions d’euros par an à la réhabilitation foncière alors que la « rénovation » d’un seul bâtiment revient à la mairie un million d’euros. Toutes ces aides apportées par la mairie visent à « sortir de la précarité les familles et les immeubles, pas chasser les populations pauvres » d’après Stéphane Peu pour qui Saint-Denis doit rester « un lieu de diversité et de solidarité pour faire venir les promoteurs et donc diversifier l’habitat ». Quant à l’élu vert Maud Lelièvre, elle souhaiterait que cette ville accueille plus de classes moyenne et supérieure car pour l’instant la mixité sociale reste un tabou.

Le Monde, le 25 janvier 2008
Lamour Maxime, 1ère ES2, année 2007- 2008,

 
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