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La stratégie d’autonomie du MoDem crée des tiraillements

mercredi 5 mars 2008, par FROISSART Philippe

Le paysage politique depuis peu a évolué et c’est avec réticence que les « gros bonnets » de la course aux municipales accueillent sur le devant de la scène politique ce nouveau mouvement. Même si le parti se veut indépendant, le stéréotype de l’impossibilité d’un corps neutre, domine. C’est ce qui l’empêche entre autres de véritablement s’imposer lors des affrontements médiatiques, notamment ceux entre les « leaders » de la politique française comme l’UMP et le Parti Socialiste. En effet, la majorité présidentielle appelle au rassemblement et « ratisse large » selon les nouvelles directives d’une politique qui se veut plus conciliatrice. Déjà certains membres du mouvement comme Jean-Marie Cavada pour le 12ème arrondissement parisien ou encore l’économiste Christian Saint- Etienne pour le 5ème arrondissement et ainsi que beaucoup d’autres sortent de la « bataille électorale ». Cela est dû à l’approche de l’ultimatum électoral et une tension palpable chez les partisans de monsieur Bayrou. Le MoDem semble cependant rassembler en son sein un horizon riche et varié quant à la composition de ses listes, tous les « bords » politiques y sont représentés, restent à convaincre les électeurs. Car si leur politique reste basée sur la tolérance, la principale raison de l’échec des candidats auprès de la population vient du fait que celle-ci reste sur sa réserve afin de mieux pouvoir prendre du recul et de pouvoir être plus à même de juger de ses choix pour la suite des évènements. D’ailleurs, c’est avec humour que l’un des co-fondateurs de l’UDF, ancien parti centriste dont s’est largement servi Monsieur Bayrou pour la création du MoDem, dit que : « Le développement durable, c’est aussi la préservation des espèces en voie de disparition », Didier Bariani vient alors de remporter de justesse sa candidature comme tête de liste pour le 20ème arrondissement de Paris.
Sous la pression politique qui se fait insistante, les partisans du Mouvement Démocrate, hésitent et se divisent entre idéologies politiques, pensées individualistes et les réfractaires quant à une éventuelle alliance avec l’UMP ou encore les différents partis de Gauche. C’est au final, une véritable vague de « désertion » ou de refoulement systématique qui semble répondre aux candidats du parti nouveau. Le sénateur Eric Lafont pour l’indépendance du MoDem, annonce clairement : « Il y en a marre, dit-il. Un parti, c’est fait pour avoir des élus, qui mettent les mains dans le cambouis. » en expliquant que c’est là que réside le risque d’une probable mésaventure électorale.
C’est à Paris que se joue notamment l’un des tournants de ces élections, en effet dans la capitale de partout résonne l’écho des divers programmes prônés par la multitude de candidats qui s’y pressent. Candidate du MoDem pour la mairie de Paris, Mme Marielle de Sarnez n’exclut pas et même privilégie une alliance future avec la Gauche en cas d’échec. Car selon elle, il faut garder en mémoire une « attitude constructive », loin de la « démagogie » et de « l’opposition systématique » du parti présidentiel.
Le MoDem prend conscience de l’enjeu politique qu’il représente, aussi bien dans le soutient de la présidence actuelle, que pour l’Opposition. Jean Peyrelevade, candidat du MoDem dans le 6ème arrondissement parisien, dit d’ailleurs à ce sujet que « tout candidat socialiste à la présidentielle de 2012 n’a pas l’ombre d’une chance d’être élu sans les voix du Centre. La question pour lui sera de savoir quand et comment l’assumer. » Car si le Mouvement Démocrate sous le regard vigilant de son président, François Bayrou, se veut être le médiateur au centre des débats, c’est la diversité qui le compose qui reste son plus grand désavantage face à l’unification ancestrale et historique de certains autres partis. Partis qui forment le principal paysage politique français. A l’heure actuelle, le parti centriste est comme un « nouveau-né » qui a le temps de « grandir », d’être influencé. Et comme des parents soucieux de l’avenir de cet « enfant » les autres partis de France, attendent d’en connaître le potentiel et de savoir s’ils pourront oui ou non en tirer profit.
 
 
Le Monde, mercredi 16 janvier 2008.
JACQUEMIN Alexandre, 1èreES2, année 2008-2009.
 
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