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Le colonel Kadhafi vient de sceller à Paris sa réhabilitation diplomatique

dimanche 3 février 2008, par FROISSART Philippe

Voilà plus de trente ans que le chef de la révolution libyenne n’avait été reçu sur le sol français en tant que chef d’état. La promesse faite par le président de la République française lors de la libération des infirmières bulgares, à Tripoli, concrétisée le lundi 10 décembre de l’année dernière, s’inscrit donc dans la volonté de celui- ci de poursuivre une large politique d’ouverture.
Reçu avec les égards qui lui sont dus, le colonel Kadhafi a pris la décision de prolonger son séjour de quelques jours. L’Elysée devant le personnage atypique qu’est le chef libyen déclarait qu’il n’y avait pas à avoir de « tabou » et de craintes quant à ces rapports politico-commerciaux, dits « sensibles ». Un refrain pourtant difficile à placer, alors que les paroles du commandeur libyen résonnent encore tel un coup de canon, il est « normal que les faibles aient recours au terrorisme » face aux « superpuissances », prononcées lors du dernier sommet Union européenne- Afrique, le vendredi 7 décembre 2007.
Les familles des victimes de l’attentat meurtrier contre le DC10 d’UTA (1989, 170 morts) ont rappelé que de nombreux mandats internationaux étaient lancés contre certains hauts responsables, encore réfugiés en Libye. Américains et anglais se refusent à recevoir le dictateur, l’attentat de Lockerbie (1988, 270 morts) marquant toujours les esprits.
Tandis les experts perçoivent sa venue comme une « revanche » de la part du dirigeant, le gouvernement souligne les résultats prometteurs de leurs entrevues, soit plus de 3 milliards d’euros selon le colonel Kadhafi, principalement dans l’armement et le nucléaire civil, et d’achats chez Airbus. Le fils du dirigeant libyen insista par la suite sur la finance, le commerce et tourisme libyen qui en quelques années a connu une croissance phénoménale. Il ajouta que la Libye serait « le pont entre l’Europe et l’Afrique », et « un pays fort, heureux, riche et moderne », grâce à un gouvernement généreux qui prévoit d’investir dans cette optique, 100 milliards de dollars. Et cela malgré les remontrances internationales et autres discours, perçus par le chef d’état, comme « une humiliation » visant à dénigrer son régime de façon puérile.
 
 
Le Monde, dimanche 09- lundi 10 décembre 2007.
JACQUEMIN Alexandre, 1èreES2, année 2008-2009.
 
 
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