Joliot Curie
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L’Europe face à la mondialisation

mardi 17 avril 2007, par FROISSART Philippe

Pendant la 1ère moitié du précédent millénaire, l’histoire économique mondiale s’est déroulée ailleurs qu’en Europe occidentale.
Il ya mille ans l’Asie représentait les 2 tiers de la production mondiale. Ce n’est qu’au début du XIXème siècle que l’Europe a vraiment décollé.
Avec l’intégration de la Chine, de l’Inde et de l’ex-bloc soviétique, les ressources potentielles en main-d’œuvre sur le marché mondial ont subitement été multipliées par deux. Comme ces nouveaux entrants ont initialement apporté avec eux très peu de capital, le ratio capital/travail dans l’économie mondiale a chuté. Ce qui crée au niveau mondial, une pression à la hausse sur la rémunération du capital et à la baisse sur celle du travail. Cela se répercute sur les emplois les moins qualifiés dans les économies émergentes, mais aussi sur les emplois plus qualifiés dans les économies développées.
Par exemple la Chine et l’Inde produisent chaque année un nombre très élevé de jeunes diplômés, de plus en plus concurrentiels vis-à-vis de leurs homologues américains ou européens. Le monde occidental va ainsi progressivement perdre le monopole du savoir.
La progression rapide du pouvoir d’achat et de l’émergence d’une nouvelle classe moyenne dans ces pays vont très vite se traduire par un marché de plusieurs centaines de millions de consommateurs, d’ici 20 ans la Chine va devenir le premier marché mondial d’automobiles, devant les Etats-Unis. L’Union européenne a aujourd’hui un poids économique disproportionné au regard de sa population (30% du PIB mondial pour 7% de la population mondiale), qui reflète l’histoire économique de ces deux derniers siècles. Le rattrapage de niveau de vie de géants comme la Chine rend inévitable un recul relatif de l’Europe. Cela sera accentué par la stagnation puis la baisse de la population européenne au cours de ces prochaines décennies. Les trois grands pays d’Europe (Allemagne, France, Italie) ont privilégié la préservation de leur modèle social plutôt que son adaptation. Or ce « modèle » est incompatible avec le processus de « destruction créatrice » inhérent à la mondialisation du fait des coûts fixes élevés, qui évincent les dépenses de recherche et d’innovation...
L’ère des vieilles et grandes puissances européennes est derrière nous. Dans le scénario vertueux, l’intégration européenne combinée aux réformes internes permettra de tirer pleinement parti des gains de la mondialisation. Le scénario inverse ferait apparaitre l’intégration comme un processus de plus en plus pénalisant, et conduira tôt ou tard à son rejet.
Le monde redevient de moins en moins européen. Il n’y a pas d’autre choix pour l’Europe occidentale que de s’adapter.
 
Le Monde, septembre 2006
Pachoud Antoine
 
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