Joliot Curie
Lycée
Aubagne
 

Art Contemporain

lundi 26 mars 2018, par DESROCHES EVA, DEWILDE M. 

La classe de Seconde Patrimoine/histoire de l’art en visite au FRAC (Fond Régional d’Art contemporain de la région PACA) le mardi 30 janvier 2018. « Le bruit des choses qui tombent  », exposition temporaire autour du thème de la peur.

« Même pas peur » … de l’art contemporain, tel pourrait être le mot d’ordre de la classe de 2e 1 du lycée Joliot-Curie, qui approfondissait sa connaissance des arts, grâce au Fonds Régional d’Art Contemporain, situé dans le bâtiment audacieusement conçu par Kengo Kuma un architecte japonais de renom, dans le quartier de la Joliette. Recouvert d’une multitude de panneaux de verre orientés tous différemment pour refléter les rayons solaires, doté d’une vaste terrasse en bois exotique, ce bâtiment accueillait du 20 décembre au 18 février 2018 une exposition originale, dans le cadre de l’Année croisée France-Colombie, qui réunissait le travail de 15 artistes colombiens, confronté à une sélection d’œuvres de la collection du FRAC.

Les élèves ont ainsi pu réagir, s’interroger, s’étonner sur diverses formes d’expression artistique, comme la peinture, mais aussi la sculpture, la vidéo, l’installation, qui peuvent toutes conduire à réfléchir sur l’objet de nos peurs, les effets de cette émotion, les représentations qu’elle permet de créer et même la part que peut prendre l’œuvre d’art dans notre compréhension et parfois la résolution des peurs et des angoisses.

Parmi les œuvres qui ont particulièrement retenu l’attention de nos élèves, on peut citer le tableau de Beatriz Gonzalez (Historias Wiwa II), inspiré d’une photographie représentant un groupe de personnes fuyant une catastrophe naturelle, mais qui peut tout aussi bien évoquer la fuite d’un groupe d’indigènes chassés par la déforestation ou encore le déplacement forcé de femmes colombiennes à cause de la guerre civile. Une œuvre de Doris Salcedo, reprenant une armoire ancienne hermétiquement fermée par du ciment a suscité la surprise et le malaise, puisque cet objet du quotidien évoquait implicitement la disparition ou le deuil de son propriétaire, dans un pays marqué dans sa mémoire par les troubles civils et politiques. Chargé d’angoisse, un tableau de Norman Mejia daté de 1965 représente un autoportrait expressionniste de l’artiste, exposant une indéniable souffrance dans sa solitude, à travers la superposition des entrailles, de la silhouette et du paysage. Plus moderne, une installation de quatre vidéos réalisées par Edwin Sanchez à partir d’une commande de la police colombienne pour traquer les FARC (Forces Armées Révolutionnaires Colombiennes) a permis de visualiser cette atmosphère de peur et de clandestinité, tout en détournant ces images de leur fonction première, puisqu’elles ne fournissaient pas des informations précises ! Dans un tout autre contexte, Laurent Grasso a aussi réalisé une installation vidéo filmant une foule de dos sur une place de Marrakech, regardant avec attention une scène que le spectateur de la vidéo ne peut pas voir : la peur naît souvent de l’invisible… y compris pour la caméra ! Encore plus étrange était l’œuvre vidéo de l’artiste Absalon, montrant son corps déformé à l’excès par un cri que l’on n’entend pas vraiment et dont on n’a pas la cause. Plus humoristique sans doute, l’installation de Paulo Licona à partir de multiples rats en papier selon la technique de la pinata, disséminés dans tout un étage du Frac, rappelle cependant la grande peur de la Peste, qui a touché la cité phocéenne en 1347 avant de se répandre en Europe et de revenir au 18e siècle ! Enfin, le dispositif d’accueil et d’enregistrements de Christophe Berdaguer et Marie Péjus, intitulé « la Traumathèque » feint de capter les cauchemars et traumas des visiteurs sur une cassette VHS, pour les aider à s’en libérer, en la projetant et la nommant pour la placer dans une collection rassurante.

Tantôt inquiétant, tantôt provocateur, tantôt ludique, l’art contemporain n’a pas fini de susciter des émotions et réflexions dans nos yeux et nos esprits curieux de découverte.

Sortie organisée par Mme Desroches.

Texte réalisé par M. Dewilde, à partir des travaux écrits des élèves de 2e1.
 
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