Joliot Curie
Lycée
Aubagne
 

Des secondes de Joliot aux Rencontres Internationales Sciences et Cinémas

mercredi 17 février 2016, par COLOMBANI M. , FEUILLARD C.

RENCONTRES INTERNATIONALES SCIENCES ET CINÉMAS

Merci aux élèves des secondes 1, 2, 9, 18, qui ont co-écrit cet article !

(Pauline, Lucille, Lucie, Léane, Iman, Julie, Line, Elsa et Morgan, Quentin, Sebastien, Lydie, Joris, Justine, Kevin, Coralie, Lucile et Ashley, Manon, Coralie, Maëlle, Lucie, Michael)

La science est un sujet qu’il est difficile d’enseigner, et elle ne peut pas plaire à tout le monde. En particulier il est dur de la rendre charmante aux yeux des élèves. Cette sortie rassemblant science et cinéma avait pour but de rendre ce sujet plus attrayant, et d’aller au delà des a priori, ces deux thèmes semblant de prime abord, totalement différents. Un pari réussi ?

Ce matin du 27 novembre dernier, dans le cadre des Rencontres Internationales Sciences et Cinémas, nous nous sommes rendus en TER puis à pieds, à la bibliothèque de l’Alcazar à Marseille afin de voir quatre court-métrages de dix à vingt minutes chacun. Au cours de cette conférence, nous avons eu la chance d’avoir avec nous la réalisatrice du quatrième court-métrage, Hanako Murakami, ainsi que le chercheur en neurosciences de la vision Laurent Perrinet, et Serge Dentin le directeur de l’association Polly Maggoo, organisatrice du festival. Après les quatre projections, les trois intervenants ont répondu à nos questions et animé le débat avec les 100 élèves de seconde de Joliot qui constituaient le public !

Le chercheur et son article :

Le premier film, intitulé « le chercheur et son article », a été réalisé par Charlotte Arene, étudiante en cinéma d’animation à l’ ENSAD, au cours d’un stage dans le laboratoire de physique des solides. Ce court-métrage a pour sujet : la lettre. Mais les courts-métrages ne sont pas censés aborder la rencontre entre le cinéma et la science ? Que fait de la littérature dans tout ceci nous direz-vous ? Détrompez-vous chers lecteurs, car ici nous ne parlons point de genres littéraires mais bien de science. La lettre est un des formats d’articles les plus utilisés pour annoncer une découverte à toute la communauté scientifique. Ce petit film utilisait la technique cinématographique du « stop motion », basée sur un procédé selon lequel des objets sont photographiés dans une série de positions différentes afin de donner une illusion de mouvement. Il retrace ainsi les différentes étapes dans la réalisation d’un article : la recherche, la découverte, la formulation de l’article et enfin les nombreux rejets et le succès éventuel qui permettra sa publication. Toutes ces étapes nous permettent de réaliser que, malgré la taille en apparence minuscule d’un article (4 pages, qui mènent parfois à un prix Nobel !), elles nécessitent un travail colossal et rigoureux de la part de ses auteurs !

In Waking Hours :

Ce deuxième court métrage, réalisé par Sarah Vanagt et Katrien Vanagt, donne vie à l’expérience historique du Docteur Plempius au début du XVII ème siècle. En effet, ce chercheur avait transformé son cabinet d’étude en une chambre obscure et était persuadé que le procédé qu’il parvenait à mettre en place était identique à celui se déroulant à l’intérieur d’un globe oculaire. Quatre siècles plus tard, une femme a voulu reproduire son expérience en disséquant un œil de bœuf. Du jardin à la cuisine, en passant par la chambre obscure qu’elle reproduira, elle regardera tout à travers l’œil. On y voit la vie, à l’envers. La présence de ses trois jeunes enfants qui l’assistent tout au long de cette découverte peut être considérée comme le symbole de l’héritage nécessaire et positif du savoir.
Dans l’œil, « le vaste monde extérieur est transporté tout petit à l’intérieur » !

Planète Sigma :

Ce court métrage éveille la curiosité et l’étonnement. Personne ne semble le comprendre. Il est la troisième partie de la série « Planet » après « Planet A » et « Planet Z ». Dans un décor glacial et préhistorique, PLANET ∑ nous affiche un monde où le froid et la chaleur s’opposent et coexistent, ainsi que la vitesse et la lenteur, le microscopique et la grandeur. On y voit le ciel, les terres glacées, des insectes piégés dans la glace. Beaucoup de sons, de bruits, aucune voix. La glace fond, les insectes et autres champignons vivent. Un essaim d’abeille naît, puis meurt.
Pourquoi ? Tout le monde se le demande. Cette question sera posée au chercheur présent au cours du débat. « Est ce que tous les films doivent être compris ? » fut sa réponse. Le débat est lancé.
Dans ce film qui décrit la nature d’une façon si abstraite, les spectateurs étaient libres d’interpréter à leur guise. Mais malgré tout, de nombreux éléments de Planet ∑ nous suggèrent la volonté de la réalisatrice de dénoncer l’impact des agissements de l’Homme sur le réchauffement climatique et la déchéance de certaines espèces. Mais ceci reste une seule des multiples interprétations possibles !

La parfaite :

"La parfaite" est le quatrième court-métrage à avoir été projeté lors de la conférence. Ce court-métrage a été réalisé à partir de vidéos que la réalisatrice Hanako Murakami a faites pendant ses voyages. « La parfaite », ce serait LA photo, une photo meilleure que les autres, extraordinaire aux yeux de son auteur. Le film se compose en six actes :
- Acte 1 : La rue Daguerre
- Acte 2 : Les mayas. Pour eux, la fin du monde était en 2012, maintenant est une nouvelle vie.
- Acte 3 : Anes Pagrioti. Hanako la prend en photo et nous fait la description de cette femme.
- Acte 4 : Hiroshima. Un chercheur explique le rayonnement radioactif.
- Acte 5 : Véronique sainte, attendant Jesus
- Acte 6 : Impression
Le film d’Hanako comporte beaucoup de musicalité, le jeu entre les images et le son est très important et joue un rôle essentiel dans ce film. Elle y explique les origines de la photographie grâce au procédé du daguerréotype. Il s’agit d’un procédé mis au point par Louis Daguerre, artiste et décorateur français, produisant une image sans négatif sur une surface d’argent exposée directement à la lumière. Le développement de l’image s’effectue en la positionnant au dessus d’un récipient contenant du mercure chauffé à 75°C (on imagine la toxicité des vapeurs). C’est un des premiers procédés qui permettait de prendre des photographies qui ne s’estompaient pas, et c’est devenu le premier procédé utilisé commercialement.
Un des premiers scientifiques à avoir étudié le daguerréotype n’est autre que Edmond Becquerel, dont le fils Henri Becquerel, est un des physiciens qui a découvert la radioactivité. Hanako fait le lien avec cette autre science, utilisée en particulier au Japon pendant la seconde guerre, puis s’évade dans les croyances mayas prédisant la fin du monde. La voix off, celle de la réalisatrice, n’avait pas seulement un regard scientifique ; elle avait aussi un côté spirituel. Depuis longtemps les indiens d’Amérique pensent qu’être pris en photo nous vole notre âme. Une photo, c’est une impression. C’est le ressenti que nous avons d’une chose après l’avoir vue. La réalisatrice a pris pour exemple le soleil et nous a expliqué qu’il se levait et se couchait nous laissant une « impression », et pourtant, il continue sa course…

Conclusion :
Pour clôturer cette sortie, les élèves ont pu effectuer un débat de près d’une heure avec les intervenants présents : ils ont posé leurs questions et émis leurs avis à propos de la projection. Certains élèves ont notamment exprimé leurs interrogations face à l’étrange court-métrage Planet ∑. Ils ont également demandé à la réalisatrice présente des précisions sur son travail.
Le débat fut intéressant, parfois technique, parfois plus poétique, et certaines phrases resteront, notamment celle du jeune chercheur de la Timone : « L’œil regarde seulement un point précis à la fois, ce qui est autour il ne le voit pas, il l’imagine, car il se rappelle de ce qu’il a vu auparavant », ou encore « Lorsque vous regardez quelqu’un dans le fond des yeux, c’est un bout microscopique de son cerveau que vous voyez ». Nous avons découvert une autre vision des sciences physiques, différente de ce que l’on apprend au lycée.

Dans nos à priori, les sciences et les arts sont considérés comme deux disciplines opposées. En effet, les connaissances requises pour exercer un métier propre aux sciences peuvent sembler hors de portée pour beaucoup de personnes. Cet événement auquel les classes ont participé a permis de prouver que la créativité et la beauté des arts, notamment du cinéma, complètent parfaitement la rigueur et la logique des sciences. Ainsi les élèves ont pu réaliser qu’il y a de l’art dans les sciences et des sciences dans l’art. C’est une chance d’être dans un lycée qui nous permet de faire des sorties culturelles aussi ludiques qu’enrichissantes !



Voir en ligne : Rencontres Internationales Sciences et Cinémas

 
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