Joliot Curie
Lycée
Aubagne
 

La commémoration du centenaire de la Première Guerre mondiale : la « photographie du centenaire »

mercredi 3 juin 2015, par DELMAS C.

Projet à l’initiative de la professeur d’histoire-géographie, Sandrine Donot-Henrot et de la professeur de français, Delphine Dieu. La photo et le texte ont été réalisé par la 1ereS 4.

Nous avons d’abord réfléchi à la notion de commémoration et naturellement nous nous sommes tournés vers les monuments aux morts de nos villes et de nos villages. Alors, nous nous sommes questionnés sur leur réelle utilité puisque les monuments aux morts de la Première Guerre mondiale n’ont pas empêché les massacres de la guerre de 1939-1945. La classe a alors proposé de détourner l’idée du monument aux morts :

Comment rendre vie aux monuments aux morts grâce à une oeuvre éphémère ?

Notre « photographie du Centenaire » dénonce l’absurdité de la guerre en étant résolument tournée vers l’avenir.

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 Notre photographie nous permet de dénoncer l’absurdité de la guerre. Nous avons d’abord axé notre réflexion autour des pensées de FREUD, CELINE. Nous avons réfléchi grâce aux tableaux d’OTTO DIX. Ainsi pour représenter l’absurdité de la guerre, nous avons décidé de montrer des hommes morts à terre, représentant le passé et les erreurs à ne pas reproduire. Il s’agit de notre « monument aux morts » ; celui de la classe de 1S4 du Lycée JOLIOT-CURIE d’AUBAGNE. Nous avons ensuite étudié les monuments aux morts de nos domiciles, nous les avons comparés. Puis, nous avons travaillé à partir de l’œuvre du photographe Ribou. Il n’hésite pas à photographier de nombreux corps d’hommes et de femmes. Cela permet de mettre en avant la sensation d’anonymat, d’enchevêtrement, de quantité. Ces idées correspondaient à ce qui nous voulions montrer : les soldats de notre étude sont ainsi au sol. La guerre les a fauchés, eux, les enfants du pays. Les corps ont sombré, entremêlés, enchevêtrés, s’effondrant dans la boue ou les champs, sous les balles et les flammes. Affolés sur la terre, ternes visages à peau d’albâtre, pauvres morts dans leurs loques de cendres. Ils n’étaient que des pantins dont le destin n’avait guère été charitable. La guerre les a emportés. Elle laissé derrière eux un lit de soldats à la peau blafarde, dont la douleur des derniers instants se lit encore sur leurs visages.

La structure de la photographie a fait l’objet de nos soins. En effet, la vue en plongée semi-oblique accentue l’impression de la mort de masse. Le plus important était ainsi l’amas des corps disloqués.

 De plus, le fait que les figurants aient le visage peint en blanc et des vêtements noirs montre une harmonie qui déshumanise les soldats.

 

 La classe et les deux professeurs ont également axé la réflexion autour de l’avenir. Pour cela, la symbolique de l’enfant a été retenue. Toutefois, comment penser à l’avenir avec un passé aussi lourd ? L’enfant est ici un orphelin à l’avenir incertain. Comment vivre avec cette peur de voir se reproduire les erreurs du passé ? D’où le rôle du monument aux morts ; pour ne pas oublier, pour ne pas reproduire cette horreur. Comme l’enfant apprend par ses erreurs, le monument aux morts doit permettre de ne pas les oublier.

L’enfant, l’innocent, est ici est au centre du tableau, debout. Il est, vivant parmi les cadavres, tourné vers l’avenir. Il est lui-même cet avenir, ce futur, la nouvelle génération. Il est largement ancré dans le sol, stable et le poing en l’air. Il est la vie et la renaissance après le chao. L’enfant nous tourne le dos car il a honte. Il est totalement tourné vers demain car il tourne aussi le dos aux morts.

Dans ses mains, il tient un coquelicot. Cette fleur des champs est devenue le symbole de la Grande Guerre car elle n’a que très peu d’exigence. Seule une terre remuée lui est nécessaire. D’une grande longévité, elle résiste bien au manque d’eau et à l’enfouissement. Ici, elle renait nécessairement des cendres, dans la main de l’enfant. Son rouge flamboyant est image de la vie qui coule dans nos veines.

Enfin, le décor fait aussi partie intégrante de notre travail collectif. Nous sommes dans un lieu bien réel, les jardins du lycée JOLIOT-CURIE d’AUBAGNE. Notre école est un lieu d’apprentissage et d’accès à la culture. Il va nous permettre de devenir citoyen, doués de raison et capables d’agir. Nous avons choisi le jardin pour son côté bucolique, champêtre, ses fleurs des champs. Il respire la sérénité, il nous rassure. C’est la nature qui ressurgit après la guerre ; la vie qui continue…

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 Nous, les élèves de 1S4 du lycée JOLIOT-CURIE d’AUBAGNE, sommes une union qui cherche un souvenir que nous ne possédons pas. Nous sommes une idée qui soufflée dans le vent, apporte un soutien. Nous voyons, nous pensons, nous créons. Ici, nous étions tous face à cette époque meurtrie, face à cet état absurde, celui de la mort. Un tas de cadavres, un enfant. La réalité dos à l’innocence. Un passé déchiré face à un futur grandissant. C’est un contraste important, un grand contraste entre deux opposés. La vie est notre lueur d’espoir, la fleur est un symbole de paix. Cette vie que nous observons est dos à la mort et à la douleur car elle lui fait barrage. Notre histoire est un passé lourd et irrémédiable. Notre vie est un futur à prendre à pleine main. Ici, tous deux sont réunis. Ils nous informent, ensemble, et emportent notre futur dans les souvenirs du passé.

 

Un grand merci aux documentalistes du lycée pour leur investissement et la grande aide à la mise en place de l’exposition , Frédérique PAYANT et Véronique LITTRE.

 
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